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Le lundi
de pentecôte : redevenu chômé...
Le lundi
de Pentecôte redevient un jour non seulement férié, mais aussi chômé !
La loi du
16 avril 2008, définitivement adoptée par le Parlement et publiée au
Journal Officiel, fait redevenir, le Lundi
de Pentecôte un jour
chômé ! ouf !... Voilà une situation éclaircie et nous
allons retrouver notre Lundi de Pentecôte reposant. On ne renonce pas
pour autant au principe d’une journée de solidarité… placée sous le
signe d’une grande liberté laissée aux partenaires sociaux dans
l’entreprise ou dans la branche, pour en
fixer les modalités. Il est pourtant désormais interdit, de la fixer le
jour de Noël, en Alsace-Moselle, nous sommes privilégiés puisqu’il est
aussi interdit de la mettre le vendredi saint et/ ou le jour de la
Saint Etienne, jours fériés supplémentaires dont nous jouissons. Elle
ne peut pas non plus donner lieu à une diminution du nombre de jours de
congés payés. Elle entre en application dès cette année, donc le lundi
12 mai 2008…
C’était resté un jour férié, pas toujours une journée de solidarité :
Jour férié, tout le monde était d’accord,
enfin en France, car pour certains de nos voisins européens, il est
férié, pour d’autres non. (en Italie et en Suède par
exemple, le lundi de pentecôte n'est pas férié, alors qu'il l'est en
Belgique et en Suisse). Jusqu’au Concile Vatican II, c’était,
faut-il le rappeler, une fête d’obligation pendant
laquelle l’Église s’adressait aux nouveaux baptisés
et confirmés. En France, nous en avions fait entre 2005 et 2007 un jour
férié, mais non chômé, en somme une journée de solidarité par le biais
de la cotisation correspondante. Celle-ci faisait
suite à la canicule de 2003 et était en fait une journée supplémentaire
de travail non rémunéré pour les salariés. La date de cette journée,
déterminée par la convention collective ou l’accord de branche, était
fixée au lundi de Pentecôte à défaut. Une circulaire de 2005, donnait
de la souplesse à la loi en permettant de
fractionner celle-ci en heures sur plusieurs dates ou en imputation sur
les RTT.
On arrivait
donc à une situation où plus personne ne savait qui travaillait ou non,
avec des conséquences pratiques pourtant réelles et relevant parfois du
casse-tête : comment faire garder les enfants puisque les écoles
sont fermées ? Les poids lourds ne pouvaient pas circuler… et la
Poste était fermée, mais d'autres administrations travaillaient ?
Comment prendre un rendez-vous avec un client ?...et quid en cas
d'absence des salariés ? quid si la date limite de paiement de votre
TVA était le 16 du mois de mai 2005, aviez-vous - oui ou non - jusqu'au
17 pour la déposer dans les délais ?
Dans le
privé, certaines entreprises travaillaient et d'autres en faisaient
"cadeau" à leurs salariés et en 2007, moins de la moitié des Français
(source AFP) sont finalement allés travailler gratuitement le lundi de
Pentecôte. Toutes, en tous les cas, versent une contribution
correspondant aux salaires non versés en théorie (0,30% du salaire
brut), ce qui représente près de 2 milliards d'euros par an..
Et
même devant les tribunaux !
Et oui des
conflits ont été jugés, deux arrêts récents de la cour de cassation (16
janvier 2008) infirment les jugements des prud'hommes pour l'un
des 2 et affirment en tous les cas sans
équivoque que des salariés absents, de manière
injustifiée pour l’un ou pour grève pour l’autre, le lundi de
Pentecôte, journée de solidarité, peuvent se voir retenir leur
rémunération correspondant aux 7 heures de travail non effectuées.
Pourtant,
d’ici là d’autres casse-têtes nous attendent : peut-être avez-vous
vu les hasards du calendrier qui superpose cette année le 1er
mai et l’ascension : certains salariés, travaillant ce jour-là
pourraient être payés triple avec une journée de repos à prendre, ou
payés double avec 2 jours de repos à
prendre… Une solution, mettre son costume de plongée et relire
attentivement la convention collective, les accords d’entreprise … pour savoir comment payer vos salariés ce jour
-là. Une autre solution, mettre tout le monde en congés ! …
Pascale
BEGAT - expert comptable - approove - alsace (altkirch mulhouse)
Le 28 avril 2008.
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